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Être aux abois : définition & origine (expression)

Publié le 17/06/2021
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Être aux abois signifie : être dans une situation très précaire, être dans une situation désespérée, être sans ressources, en être réduit à la dernière extrémité.

 

Être aux abois : origine de l’expression

Abois (d’abord abai, du verbe abbayer)  est un synonyme d’aboiements. C’est un archaïsme qui n’est plus utilisé aujourd’hui que dans cette expression. Les abois étaient plus précisément les cris des chiens lorsqu’ils entouraient la bête traquée à la chasse, le plus souvent le cerf, qui avait arrêté, de fatigue, sa fuite. De là le sens figuré d' »être aux abois », dont un des sens autrefois était « qui se meurt ». Mettre au abois signifiait « pousser à bout ». L’hallali signale que l’animal est aux abois.

Cette expression est employé au figuré dès le XVIe siècle : 

Or pource qu’avons icy fait mention de Fabius, qui tint Annimal aux abois […]

Traduction de 1571 d’un discours de Machiavel

car bien que le Roy & l’Empereur guerroyassent ensemble l’estat de Venise, si est-ce que se defiant l’un de l’autre, l’Empereur tenait le pape aux abbois, & lui donnait frayeur […]

Les Grandes Annales et histoire générale de France

Exemples

  • Financièrement, ils sont aux abois, et ils ne refuseraient pas une aide salutaire, d’où qu’elle vienne ! Il faut parfois savoir ravaler sa fierté !
  • Alors que notre équipe était aux abois après avoir subi la pression de l’adversaire tout au long de la deuxième mi-temps, un de nos joueurs parvint à marquer après avoir repéré, à l’expérience, un espace jusque-là invisible.

Presque tous les administrateurs de l’Universelle s’étaient, d’ailleurs, taillé royalement leur part, les uns, comme Huret et Kolb, en réalisant au plus haut cours, avant l’effondrement, les autres, comme le marquis et Daigremont, en passant aux baissiers, par une tactique de traîtres ; sans compter que, dans une de ses dernières réunions, lorsque la société était déjà aux abois, le conseil d’administration avait fait créditer chacun de ses membres de cent et quelques mille francs. »

Zola, L’Argent