Un « jéroboam » : qu’est-ce que c’est ? Combien de litres ?

Le jéroboam est une grande bouteille de champagne, d’autres vins mousseux ou de vin (de Bordeaux). Sa contenance est de 3 litres pour le champagne (soit quatre bouteilles de 75 cl ou deux magnums), de 5 litres pour le vin de Bordeaux. Ce type de bouteille sert surtout aux réceptions de prestige. Selon le Dictionnaire historique de la langue française ou le TLFI, cette appellation vient de l’anglais (au sens de « grande coupe »). Le terme n’apparaît dans le Dictionnaire de l’Académie qu’à la 9e édition (celle qui est en cours d’écriture). Selon le Historical Thesaurus of English, la première occurrence du terme est repérée en 1816, probablement chez Walter Scott (1771 – 1832), dans The Black Dwarf (Le Nain noir) :

Or make a brandy jeroboam in a frosty morning, without license from a commissioner of excise

À l’origine, Jéroboam est le nom d’un personnage biblique, un Éphraïmite, roi d’Israël, « vaillant et capable » (Rois, XI, 26), qui vivait à une époque de fastes, et qui était le rival roi Salomon.

Le terme semble apparaître en français à la fin du XIXe siècle. Selon le site internet de l’Union des maisons de champagne, l’utilisation des noms bibliques pour nommer les différentes bouteilles de champagne daterait de la fin du XIXe siècle. Ils ont probablement été choisi par stratégie « marketing » afin d’associer le champagne aux fastes du Proche-Orient ancien (et ils donnent une idée de magnificence). À l’écrit, le terme « jéroboam » semble apparaître la première fois chez Abel Hermant (Les Transatlantiques, dans la Vie Parisienne, 1896). Cet auteur lie cette bouteille aux États-Unis :

Jerry. – J’aurais la préférence pour un Jéroboam.

Le garçon, montant. – Jéroboam

Jerry. – Vous n’avez pas en cave de Nabuchodonosor ?

Le garçon. – Non, monsieur.

Jerry. – Je regrette. J’aurais préféré. En Amérique, nous prenons plus volontiers le champagne dans le magnum que dans la bouteille, dans le Jéroboam que dans le magnum, et dans le Nabuchodonosor que dans le Jéroboam.

En 1903, dans un article de L’Avenir d’Arcachon, le terme semble bien compris :

M. de Gaulne lève son verre au président, et invite toute la Société à une prochaine soirée chez celui-ci, et où à la demande générale on débouchera un Magnum ou un Jéroboam. (Applaudissements)

À côté du jéroboam, d’autres bouteilles (de champagne surtout) ont des noms bibliques :
  • le réhoboam de 4,5 litres, équivalent de 6 bouteilles (dont la commercialisation a été arrêtée en 1981) ;
  • le mathusalem de 6 litres, équivalent 8 bouteilles ;
  • le salmanazar de 9 litres, équivalent de 12 bouteilles.

Plus rarement, on trouve la contenance balthazar (12 litres, 16 bouteilles), nabuchodonosor (15 litres, 20 bouteilles), salomon (18 litres, 24 bouteilles) et melchizédech (30 litres, 40 bouteilles). Elles sont réalisées sur commande spéciale.

Adrian

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