S’ébaudir : définition simple & exemples

S’ébaudir signifie : se réjouir, s’égayer, se mettre en allégresse.

Ébaudir signifie : mettre en joie, en allégresse, divertir.

La forme pronominale est plus courante. 

Parfois orthographié d’une manière archaïque : s’esbaudir.

 

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Synonymes de s’ébaudir


S’amuser, se réjouir, s’égayer.

 

Antonymes


S’assombrir, s’attrister, se renfrogner.

 

Exemples


Platon ordonne aux vieillards d’assister aux exercices, danses et jeux de la jeunesse, pour se rejouir en autruy de la soupplesse et beauté du corps qui n’est plus en eux, et rappeller en leur souvenance la grace et faveur de cet aage fleurissant, et veut qu’en ces esbats ils attribuent l’honneur de la victoire au jeune homme qui aura le plus esbaudi et resjoui, et plus grand nombre d’entre eux.

Montaigne, Essais, III, 5

 

Vous exprimez par vos sublimes sons,
Par vos beaux yeux, ce que l’auteur veut dire ;
Vous lui donnez tout ce qu’il croit avoir ;
Vous exercez un magique pouvoir
Qui fait aimer ce qu’on ne saurait lire.
On bat des mains, et l’auteur ébaudi
Se remercie, et pense être applaudi.

Voltaire, Épitre XCVIII

 

Tout ce monde-là, émoustillé par le voyage, la surprise du grand air, une hospitalité plantureuse, aussi l’espoir de pêcher quelque chose dans ce passage de beys, de nababs et autres porte-sequins, ne demandait qu’à s’ébaudir, rigoler et chanter avec l’entrain canaille d’une flotte de canotiers de la Seine descendus des planches en terre ferme.

Daudet, Le Nabab

 

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Étymologie de « s’ébaudir »


« S’ébaudir », aujourd’hui vieilli, est dérivé de l’ancien français s’esbaldir, repéré au Xe siècle : 

Mais c’une chose vos soi jo ben guarant :
Seint pareïs vos est abandunant ;
As Innocenz vos en serez seant. »
A icest mot si s’esbaldissent Franc

La Chanson de Roland, 1521 – 1524

Il devient ensuite « s’esbaudir », puis « s’ébaudir ». Il est déjà archaïque dans la langue classique. 

« S’esbaldir » est formé à partir de l’ancien français bald, balt, « joyeux », terme d’origine germanique.

Li empereres se fait e balz e liez (L’empereur se montre joyeux et gai)

La Chanson de Roland, 95

« Ébaudissement » est resté rare : 

[…] car il faut se méfier, quand on passe les ponts, du vent de bise ou de galerne, lequel a bientôt fait d’envoyer un chapeau à la rivière, au grand ébaudissement des pages, laquais et galopins.

Gautier, Le Capitaine Fracasse

Adrian

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