« Emporter » et « apporter » : quelle différence ?

« Emporter » et « apporter » sont des paronymes.

La prononciation et le sens de ces mots sont proches, ce qui peut prêter à confusion.

 

Emporter


Du préfixe -en (variante de -em), du latin inde, « de là, de ce ce lieu », et de « porter », dérivé de portare, « porter, transporter ».

Le verbe « emporter » signifie :

1. porter un objet vers ailleurs, quitter un lieu avec quelque chose ; 

  • contrairement à apporter, ce verbe met l’accent sur le fait de s’éloigner avec l’objet ;

ex: S’il y a des restes du repas d’hier, je les emporte chez moi !

J’emporterai si je puis votre livre de plantes ; s’il m’embarasse trop, je le laisserai dans l’espoir de revenir quelque jour le lire plus à mon aise.

Rousseau, Correspondance

 

1 bis. ce verbe entre dans plusieurs expressions : « que le diable l’emporte / t’emporte », « emporter un secret dans la tombe », etc.

 

2. gagner quelque chose (un match par exemple) ;

Au terme de près de trois heures de combat, Humbert, 35e joueur mondial et promu leader de la France en l’absence de Gaël Monfils, l’a emporté en trois sets 6-7 (5/7), 7-5, 7-6 (7/2) face au vainqueur de l’US Open pour ce coup d’envoi officieux de la saison sur le circuit masculin.

Francetvinfo.fr

 

3. prendre de force, conquérir une ville ;

La question d’emporter la ville de vive force, débattue souvent dans le conseil du roi, avait toujours été écartée.

Dumas, Les Trois Mousquetaires 

 

4. être emporté ou s’emporter : être en colère ; 

Nucingen s’est emporté, il m’a dit que je le ruinerais, des horreurs !

Balzac, Le Père Goriot

 

À lire ici : « cymbale » et « timbale » ?

 

Apporter


Du latin apportare, du préfixe ad ( « à ») et de portare.

Le verbe « apporter » signifie :

1. porter un objet vers le lieu dont on parle ou vers un destinataire ;

  • contrairement à emporter, ce verbe met l’accent sur le fait de se rapprocher avec l’objet.

J’apporte demain tes affaires à la maison. 

— Voyons, mon petit, il faut dire les choses… C’est lui qui a fermé la porte et qui vous a dit d’apporter la clef, n’est-ce pas ?

Zola, L’Assommoir

 

2. par extension : fournir, causer ;

Je venais de le mettre à la porte, ne trouvant aucun remède à apporter à ce qu’il avait fait, quand on sonna de nouveau et Françoise me remit une convocation chez le chef de la Sûreté.

Proust, Albertine disparue

 

A chaque ligne des simples écrits de l’Ancien Testament, on voyait l’assurance et en quelque sorte le programme du règne futur qui devait apporter la paix aux justes et sceller à jamais l’œuvre de Dieu.

Renan, Vie de Jésus

 

« Apporte ! » : le plus souvent à un chien, pour qu’il apporte une balle ou un autre élément.

 

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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