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« Sans pareil » : faut-il accorder ? orthographe

Publié le 30/09/2022
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« Sans pareil » (supérieur en comparaison aux autres, incomparable) est une locution adjectivale dans laquelle le nom « pareil » doit varier. Ainsi, on accorde en genre et en nombre « sans pareil » avec le nom que cette expression qualifie. Exemples :

  • Ce magnifique bijou est d’une valeur sans pareille.
  • Ces lévriers sont des compétiteurs sans pareils, vous n’en trouverez pas de plus rapides.
  • Les œuvres de Tolkien, sans pareilles dans la littérature mondiale, transportent les lecteurs dans l’univers de la Terre du milieu.
  • […] c’était une inconséquence sans pareille […] (Sand, Cora)
  • […] après leur avoir donné des soins sans pareils. (Barrès, La Colline inspirée)
  • Son style n’est jamais du virtuose : il y montre une science et une habileté sans pareilles. (Suarès, Debussy)

Le Bon Usage (489, b, 2°) dit cependant que l’expression « sans pareil », appliquée à une femme, comme les expressions « n’avoir pas son pareil », « n’avoir pas d’égal », « sans égal et sans rival », prend la marque du féminin si on la compare à une autre femme, et reste au masculin si la comparaison est plus large (mais les auteurs ne donnent pas d’exemple pour « sans pareil »). Le Larousse note que, lorsque le nom est masculin, l’accord, bien que courant, est facultatif (« des tableaux sans pareil »). Certains ouvrages admettent l’invariabilité de « sans pareil », comme Les pièges et difficultés de la langue française de Jean Girodet qui donne pour exemple « des joyaux sans pareil », mais précise ensuite que ce « tour est assez rare », ainsi que le Larousse, pour qui l’invariabilité n’est pas non plus incorrecte, bien que contraire à la tendance actuelle de l’usage. Dans cette perspective, « pareil » serait un neutre. Après recherche dans les bases de données de Wikisource ou Gallica, il s’avère en effet que l’invariabilité n’est pas rare, mais rarissime (on trouve chez Jules Verne : « Je vole avec Iris aux couleurs sans pareil ; »).

L’Académie française donne « sans pareille », sans préciser sa position sur le pluriel masculin.

À lire en cliquant ici : « on est seul » ou « on est seuls » ? Faut-il accorder ?