« Satire » et « satyre » : quelle différence ?

Satire et satyre sont des homonymes.

 

Une satire : l’ironie critique


Satire désigne aujourd’hui un texte ironique dans lequel l’auteur fait une critique sociale ou politique. On peut notamment penser aux journaux satiriques Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné

Ce terme, venu du latin satura (puis satira), désignait une « macédoine de légumes », puis, par extension, des « pièces de genres mélangés », et des pièces critiques des vices, chez les auteurs Horace et Juvénal. Ce terme a ensuite été appliqué aux œuvres en prose ou en vers s’attaquant aux mœurs de l’époque. 

On dit souvent « faire la satire » et l’on parle de « comédie satirique » pour désigner un film se moquant des mœurs en faisant rire. 

 

Exemples avec satire :

Elle a fait une satire cinglante de son époque. 

Notre dame, comédie loufoque, dresse une satire des politiques d’aménagement urbain, à travers le portrait décalé d’une ville chaotique, livrée à tous les dérèglements. 

Lemonde.fr

 

Lasatire est une parole armée de rire et d’indignation, qui redresse les torts à coups de plume. C’est une activité dangereuse – la tuerie de Charlie Hebdo en témoigne.

Letemps.ch

 

Un satyre : la divinité grecque


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Nymphes et satyre, William-Adolphe Bouguereau, 1873 | Wikimedia Commons

Le satyre est une divinité grecque, compagnon de Dionysos, mi-homme mi-bouc. Elle est cornue, a des jambes de bouc et une queue. 

Par analogie avec ce demi-dieu, le satyre a désigné, dans un sens aujourd’hui vieilli, un homme débauché (introduit comme tel par Scarron), ou, comme on le dirait aujourd’hui, un pervers sexuel. 

Les satyres étaient aussi un type de pièces de théâtre grecques dans lesquelles les personnages étaient des satyres.

Le satyre est aussi un singe anthropomorphe et un champignon (le satyre puant). 

 

Exemples avec satyre :

Il voulut un peu patiner, galanterie provinciale qui tient plus du satyre que de l’honnête homme

Scarron, cité par Littré

 

Mais un vieux satyre usé de débauche, sans agrément, sans ménagement, sans égard, sans aucune espèce d’honnêteté, incapable, indigne de plaire à toute femme qui se connaît en gens aimables, croit suppléer à tout cela chez une jeune innocente […]

Rousseau, L’Émile

 

Et Putois, invisible satyre, menaçait d’accidents irréparables toutes les jeunesses d’une ville où, disaient les vieillards, les filles, de mémoire d’homme, avaient toujours été tranquilles.

France, Crainquebille…

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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