Hors pair : définition & origine [expression]

Hors pair signifie : exceptionnel, au-dessus des autres.

Cette locution est invariable. On n’écrit pas hors pairs.

 

Voir ici : « aller de pair » ou « aller de paire » ?

 

Hors pair : origine de l’expression


Le pair vient du latin par, paris, « égale en quantité, en valeur », et par extension « compagnon, égal » et « homme du même seigneur » (voir pair dans le TLFi). Être « hors pair » signifie donc ne pas avoir d’égal. 

L’expression est attestée chez Clément Marot (1496 – 1544) sous la forme « hors de per » :

Au fort, Amys, c’est à vous bien joué, 
Quand vostre main hors du per me ramaine.

Les auteurs du XVIIe siècle emploient notamment « hors de pair »…

& il prend feu plutost sur ce sujet, en mettant aussi-tost la sainte Vierge hors de pair, & en disant, qu’en matiere de pechez, il ne veut pas qu’il soit parlé d’elle en aucune sorte.

P. Amelote, Abbrégé de la théologie ou Des principales véritez de la religion., 1675

…et « hors du pair » :

Les grans se croyent obligez à une Majesté qui les met hors du pair & de l’imitation, leur vie se passe avant tant d’artifices, de fards, de desguisemens, qu’en les voyant les plus sages ne croyet pas à leurs yeux. 

Yves de Paris, L’agent de Dieu dans le monde, 1656

Les deux formes précédentes ont disparu.

La variante « hors pair » semble se fixer au XIXe siècle :

Non tu ne l’es pas, serait-ce à toi, misérables coureurs de rue, dit Henri, que mon bon maître, le roi Charles IX, aurait adressé des vers célèbres qui l’ont mis hors pair parmi le pléiade fameuse des auteurs de nos jours ? 

Étienne de Lamothe-Langon, Reine et soldat…, 1838

 

L’éclatant génie de M. de Chateaubriand le met hors pair avec tous ses contemporains […]

Amélie Lenormant, Coppet et Weimar…, 1868

Elle est donc un peu plus ancienne que ce que supposent le Dictionnaire historique de la langue française ou le TLFi (qui voient l’expression la première fois dans une œuvre posthume de Verlaine). 

 

Exemple contemporain


Tout cela a un peu éclipsé ce qui était « la vie d’avant » de Claude Lanzmann, le journalisme. Gallimard a eu la bonne idée de donner un aperçu de cette carrière-là, dans La Tombe du divin plongeur (2012), qui montre combien Lanzmann est un portraitiste hors pair.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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