On écrit : à proprement parler. Cette locution adverbiale est invariable. Son usage est très ancien (on le repère depuis, au moins, le XVIe siècle). Ainsi, il faut bannir les formes avec des participes passés, « parlé » ou même « parlée » (ex: « De la dictature à proprement parlée nous ne voyons rien » / France 24). Cette expression est synonyme de « à vrai dire », « à franchement parler », « en toute rigueur » et signifie : « pour parler en termes exacts, en termes précis ». Elle revient à dire : à parler proprement, à parler exactement.

C’est une expression très commune qui sert à introduire une explication plus précise de ce qui a été évoqué auparavant, ou à signaler au lecteur ou à l’auditoire une précision à retenir. Elle peut n’avoir aucune fonction explicite, mais servir seulement à baliser un discours avec quelques interjections pour le rendre plus vivant (comme on pourrait dire « eh bien »). On fait suivre l’adverbe « proprement » du participe passé « parlé » seulement dans des phrases construites comme : « il a proprement parlé de sa vie privée pendant toute son audition ». On écrit aussi « proprement dit », sans la préposition « à ». À lire ici : le « parler » ou le « parlé » ?

 

Exemples avec « à proprement parler »


  • Ce n’était pas, à proprement parler, la misère, mais nous vivions de peu, et nous n’étions pas malheureux pour autant, je dois bien le dire.
  • Son œuvre appartenait, à proprement parler, à l’art expérimental, parce qu’il faisait des choses que personne ne comprenait et qu’il ne comprenait pas lui-même.
  • Messieurs, à proprement parler, le théâtre n’est pas et ne peut jamais être libre. Il n’échappe à une censure que pour retomber sous une autre, car c’est là le véritable nœud de la question, c’est sur ce point que j’appelle spécialement l’attention de M. le ministre de l’intérieur. (Hugo, La Liberté du théâtre, 1849)