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11 mots dont on ne connaît jamais l’orthographe

Publié le 03/03/2023 (m.à.j* le 11/12/2023)
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Ces 11 mots sont souvent mal orthographiés. Cet article vous les présente pour vous aider à faire des progrès !

Atterrir : atterrissage, avec deux et deux r. Le redoublement du vient bien sûr de « terre », mais l’origine de celui du est moins claire. Il a peut être été fait sur le modèle d’« atterrer ». Exemple : l’avion a atterri ce matin.

Balade / ballade : les deux formes existent. Cependant, la « balade » est la promenade, tandis que la « ballade » est le genre musical ou poétique (Ballade des dames du temps jadis de François Villon par exemple). Exemple : je fais une balade en écoutant une ballade de Chopin.

Carrousel : deux r, un seul s, bien que souvent prononcé et écrit carroussel. Il doit bien être prononcé « carouzel ». Ce mot vient du napolitain carusello (carosello en italien), nom d’un jeu introduit à Naples par les Espagnols dans lequel des groupes de cavaliers se lançaient des balles de craie en forme de tête (il est dérivé de caruso : « tête rasée »). Ce jeu aurait été d’origine mauresque. « Carrousel » a été introduit en français avec deux « r » (d’abord sous la forme carrouselles au XVIe siècle) sous l’influence de « carrosse » (cf. Dictionnaire historique de la langue française), car il désignait autrefois des tournois de chevaliers caractérisés par la diversité des livrées et des habits et organisés à l’occasion d’une fête.

Censé / sensé : censé est ce que l’on est supposé faire (« il est censé venir à deux heures cet après-midi »), alors que sensé qualifie ce qui est raisonnable, intelligent, ce qui a du sens (« ses propos sont tout à fait sensés ! »).

Dilemme : souvent écrit dilemne, sur le modèle, peut-être, d’« indemne », ou parce que les termes en -emme sont rares en français. Mais ce mot reprend l’orthographe latine, dilemma, qui reprend elle-même le grec dilemma, δίλημμα. Exemple : elle avait refusé le dilemme, et choisit de vivre de sa passion tout en étant bien rémunérée.

Fainéant / feignant :  « feignant » est le participe présent de « feindre » qui signifie, dans un sens ancien, « paresser », « se dérober ». « Fainéant » a été ensuite dérivé de « feignant », à partir de l’idée que l’étymologie de « feignant » était « fait néant » (une fausse étymologie selon le Grevisse). On dérive de « fainéant » le verbe « fainéanter » et le nom « fainéantise ». Fainéant semble être considéré comme plus élégant par l’usage.

Humoristique : cet emprunt à l’anglais de la fin du XVIIIe siècle humoristic (dérivé de humorist) : il suit sa graphie d’origine (il n’est relevé par le Dictionnaire de l’Académie française qu’à partir de 7e édition, de 1878). Cette graphie peut être considérée comme contre-intuitive en français, puisque l’on prononce souvent « humouristique », ce qui peut naturellement prêter à confusion sur son orthographe.

Langage : devant a, g se prononce « gue ». Le « u » n’est donc pas nécessaire. Language est la forme anglaise.

Pataquès : ce mot est souvent orthographié patacaisse. En réalité, le pataquès est une agglutination de « je ne sais pas t a qui est-ce ». Le pataquès désignait en effet, à l’origine, les fautes de liaison (volontaires ou non), par remplacement du s par un t, ou l’inverse. Mais ce mot n’est plus employé dans ce sens aujourd’hui. Il désigne plutôt une situation de grande confusion, qui résulte d’une absence de préparation, ou une grosse gaffe.

De plain-pied : cette locution adverbiale n’est pas composée de « plein » (qui est rempli, entièrement composé de quelque chose), mais d’un adjectif sorti d’usage, « plain », qui signifie « uni, plat, sans inégalité » (un terrain plain / plain-chant). Exemple : Cette maison est de plain-pied.

Soi-disant : et jamais soit-disant. C’est bien sûr le pronom est qui est employé ici (« se disant », c’est-à-dire autoproclamé »). Exemple : le soi-disant meilleur joueur du monde.